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2015-02 / NUMÉRO 104   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Bien que le Liban soit un paradis des libertés, la rédaction a préféré, par les temps qui courent, demander à une brochette de « spécialistes » s’il y avait des sujets à éviter avant de publier sa « Une » du mois. La réponse a été unanime :

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Édito par Alexandre Najjar
Les racines du mal
C
omme la catastrophe du 11 Septembre, le massacre de Charlie Hebdo a mis en lumière les dangers de l’islamisme qui endoctrine les paumés de la planète et les pousse à commettre, au nom d’Allah, les crimes les plus abjects. Pourtant, ce phénomène n’est pas nouveau : il date au moins du début des années 1980, l’époque où, au Liban, des terroristes kidnappaient des ressortissants étrangers et détournaient l’avion de la TWA à bord duquel se trouvait, entre autres, le chanteur Demis Roussos qui vient de nous quitter. Aujourd’hui, partout dans le monde, notamment à la frontière libanaise où nos soldats, armés de leur seul courage, barrent la route aux takfiristes, l’intégrisme fait des ravages, un peu comme un virus mortel qui se propage sans qu’on puisse le circonscrire. Le remède existe pourtant : fermer les robinets qui alimentent ces vagues de haine, couper les subsides qui permettent aux groupuscules islamistes de recruter leurs mercenaires et de constituer leurs arsenaux. Où sont ces sources ? Les spécialistes évoquent le blanchiment d’argent, les rançons, les butins de guerre, les trafics de toutes sortes, les donations et l’exploitation des puits de pétrole confisqués… Ils pointent surtout du doigt plusieurs États du Moyen-Orient qui, sournoisement, de concert avec les grandes puissances, instrumentalisent les intégristes pour avancer leurs pions sur les échiquiers d’Afrique et d’Asie. Or nous payons aujourd’hui le prix de ces politiques machiavéliques ; nous payons la facture de la complaisance à l’égard de ces pourvoyeurs de fonds qui pratiquent habilement le double langage. Du Mali à l’Afghanistan, de New York à Paris, le combat est le même. Mais les moyens employés – comme les frappes ponctuelles de l’Alliance ou la convocation au commissariat du père d’un enfant de 8 ans accusé d’« apologie du terrorisme » ! – ne sont que des coups d’épée dans l’eau. Pour terrasser le monstre de l’islamisme, il faudra avant tout sectionner les vaisseaux qui l’irriguent. « There are a thousand hacking at the branches of evil to one who is striking at the root », écrivait Henry David Thoreau. Frapper à la racine du mal équivaut à en couper mille branches.



2015-02 / NUMÉRO 104