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2017-08 / NUMÉRO 134   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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L'Empereur à pied, le nouveau roman de Charif Majdalani, commence comme une légende sacrée sur les nobles sommets du Mont-Liban au milieu du XIXe siècle et finit dans un monde insalubre, tellement prosaïque et décevant, le nôtre.  ... >> lire la suite
 
Questionnaire de Proust à...
Ceridwen Dovey
Poème d’ici
En montagne libanaise par Nadia Tuéni
Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Souvenir de ma première communion
 
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Édito par Alexandre Najjar
Quand
Q
uand nos braves députés se permettent de proroger par trois fois leur propre mandat, au mépris de la Constitution,
Quand, au lieu de dynamiser l’économie, nos dirigeants incompétents infligent aux Libanais de nouveaux impôts qui vont plomber les écoles, les entreprises, les professions libérales et le marché immobilier, tout en appauvrissant la classe moyenne et les plus démunis,
Quand on n’arrive plus à dénicher dix députés courageux pour présenter un recours devant le Conseil constitutionnel qu’on espère indépendant,
Quand nos dirigeants bloquent les permutations judiciaires pour imposer des noms déterminés, tout en mécontentant au passage, par des mesures insensées, la magistrature et les avocats,
Quand, dans notre République bananière, la corruption continue de « galoper » et que nul n’ose la brider, par crainte de vexer la « mafiature » au pouvoir,
Quand la plupart des nominations se font sur la base de confessionnalisme, de népotisme et de clientélisme, au mépris des qualifications et de l’ancienneté des candidats recalés,
Quand on ne sait plus ce qu’on mange, ce qu’on boit, ce qu’on respire, et où l’on nage, en raison de la pollution ambiante et de l’absence de contrôle des autorités concernées,
Quand on passe la moitié de sa journée encagé dans sa voiture, prisonnier des embouteillages, à cause d’un réseau routier devenu inadapté et de l’incurie des pouvoirs publics,
Quand la décision de faire la guerre n’appartient plus à l’État libanais, déjà impuissant face au problème des réfugiés syriens,
Quand la plupart des citoyens sont à sec dans un pays dont l’État est lui-même en faillite et mérite largement le titre de « failed state »,
Quand certains festivals d’été mal inspirés se transforment en mascarade, donnant ainsi de la culture libanaise une image pitoyable, et que les feux d’artifice se multiplient à qui mieux mieux, sous les yeux des familles défavorisées qui se demandent pourquoi les millions de dollars qui auraient pu améliorer leur condition partent ainsi en fumée,
Quand nos jeunes, livrés à eux-mêmes, ne rêvent que de quitter leur patrie qui ne leur ressemble plus et qui ne leur propose absolument rien,
Quand le peuple apathique ne tire aucune leçon des expériences passées et revote avec masochisme et béatitude pour les candidats qui l’ont déjà trahi,
On en arrive à se demander si le Liban est une nation ou un bordel.


2017-08 / NUMÉRO 134