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2012-01 / NUMÉRO 67   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Malgré le marasme ambiant, la littérature libanaise a le vent en poupe ! Quatre romans libanais figurent ainsi dans la présélection du Booker Prize arabe alors que paraissent ces jours-ci, à Paris et à Beyrouth, de nouvelles publications : Charif Majdalani, Dominique Eddé et Gérard Bejjani chez les francophones ; Elias Khoury, Hoda Barakat, May Ménassa et Abbas Beydoun chez les arabophones. Qui a dit que la culture libanaise était moribonde ?

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Édito par Alexandre Najjar
Charlatans
A
u début de chaque année, astrologues et voyants se lancent dans des prédictions hasardeuses, diffusées en prime time par nos chaînes de télévision. D’un air docte et pénétré, ces personnages plus ou moins étranges annoncent ex cathedra la survenance de calamités. Leurs compétences dépassent d’ailleurs le cadre local pour couvrir toute la géopolitique de la planète, de l’Indonésie à l’Argentine, et d’Obama à Poutine. On reste pantois devant  le génie de ces Nostradamus du dimanche capables de décrypter les arcanes de l’univers et de deviner ce que les services secrets les plus perspicaces ne soupçonnent même pas. A les entendre, on les croirait confidents de Dieu, investis d’une mission prophétique, habités d’une puissance surnaturelle ou métaphysique. Mais voilà : les élucubrations de ces hurluberlus sont devenues si vagues et si prévisibles (l’instabilité chronique du Liban et la fréquence des catastrophes naturelles leur facilitant la tâche) qu’elles ne trompent plus personne, hormis les chaînes de télévision qui les accueillent encore. Leurs prestations n’ont d’ailleurs rien à envier à celles des oracles que fustigeait autrefois La Fontaine dans « Les Devineresses », « L’Horoscope » et « L’Astrologue qui se laisse tomber dans un puits » où l’on peut lire ces vers outrés : « Charlatans, faiseurs d'horoscope/ Quittez les Cours des Princes de l'Europe ! »… C’est à croire que, depuis Les Fables, le monde n’a pas évolué. A moins qu’il n’ait toujours besoin de  fabulations pour mieux rêver. Ou mieux rire.
2012-01 / NUMÉRO 67