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2014-08 / NUMÉRO 98   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Diplomate, poète, essayiste, ancien responsable de L’Orient Littéraire dont il fut le fondateur, Salah Stétié a beaucoup lu, écrit, voyagé et observé. Dans un ouvrage intitulé L’Extravagance, à paraître en septembre chez Robert Laffont, il retrace son parcours fécond et nous fait découvrir une foule de personnages connus ou méconnus qui ont façonné sa pensée et marqué sa carrière. ... >> lire la suite
 
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Édito par Alexandre Najjar
Le loup dans la bergerie
L
a région est à feu et à sang, avec les attaques aveugles contre Gaza, l’avancée de l’État islamique en Irak, l’exode des chrétiens de Mossoul, la poursuite des combats en Syrie, tandis que nos dirigeants font tranquillement bronzette ou se remplissent les poches. Les crises au Moyen-Orient ? Tout cela est loin ! La présidence de la République ? Elle peut attendre. La correction des examens officiels ? Point d’urgence. La crise économique ? Y a pas l’feu. Les milliers de réfugiés syriens ? Ils ne sont que provisoires ! Avec leur excès de zèle habituel, nos valeureux députés envisagent même, le plus sérieusement du monde, de proroger encore une fois leur mandat, au mépris d’une Constitution censée constituer le socle de notre prétendue démocratie. Et voilà que le Liban se réveille un beau matin avec le loup dans la bergerie. À Ersal, à Tripoli, l’armée libanaise se retrouve tout à coup confrontée à des bandes de « takfiristes » aux abois, au milieu de tensions confessionnelles qui risquent de nous plonger dans une nouvelle guerre civile. L’incurie de nos dirigeants n’a d’équivalent que l’indifférence de ce qu’on appelle « la communauté internationale » qui assiste au chaos sans réagir, soit que cette situation lui convienne (les loups entre eux), soit qu’elle ne comprenne pas l’utilité d’une intervention pour circonscrire l’incendie. Or, chez nous comme à l’échelle planétaire, cette démission et ce manque de discernement risquent de coûter cher. « Lorsque l’on déchaîne un monstre, on finit par être emporté par lui », a justement rappelé Walid Joumblatt. Qui est le plus coupable, le pyromane ou celui qui, les bras croisés, regarde le feu se propager ?

2014-08 / NUMÉRO 98