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2014-04 / NUMÉRO 94   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Au fil des jours...
 
EN UNE
Y a-t-il un regain d’intérêt pour la littérature arabe aux éditions du Seuil ? Trois nouveaux titres sont déjà parus en un an après une longue indifférence (Je vis de la libanaise Leila Baalbaki remonte, chez le même éditeur, à 1961 et Zayni Barakat de Gamal Ghitany à 1985). ... >> lire la suite
 
Le point de vue de...
De Beyrouth à Brasilia par Denis Pietton
Le livre de chevet de...
Jean Glavany
Questionnaire de Proust à...
Cécilia Attias
Poème d’ici
Parole du Qarmate par Chawki Abdelamir
Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Roro la débrouille
 
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Édito par Alexandre Najjar
Pour une révolution du livre
L
e livre est-il mort ? Ce que j’ai appelé « le tsunami numérique » continue à faire des ravages. Ceux qui espéraient une cohabitation pacifique livre/nouvelles technologies commencent à réviser leurs pronostics. Tous les enseignants vous le diront : les jeunes ne lisent plus, ou de moins en moins, même sur leurs tablettes. Ceux qui osent encore s’afficher avec un livre sont considérés comme des passéistes, des « has been ». Dans une école connue, un enseignant a récemment demandé à sa classe de lire un court roman. Constatant, au bout d’un mois, que personne n’avait pris la peine de le feuilleter, il a réitéré sa demande en promettant de faire un examen pour vérifier les connaissances des jeunes lecteurs. Peine perdue : la moitié de la classe a visionné le film tiré du livre sur YouTube, l’autre moitié a téléchargé un résumé du roman, disponible sur Internet ! Récemment, au Festival du livre d’Antélias, les chiffres en baisse ont confirmé cette régression ; en France même, d’après un sondage publié en mars 2014 par Livres Hebdo, le taux de lecture a chuté de 5% en trois ans. Où va-t-on ? Et comment se prémunir contre ce fléau qui crétinise notre jeunesse et mine notre culture plusieurs fois millénaire (le nom « Byblos », faut-il le rappeler, a inspiré le mot grec « biblion » qui signifie « livre ») ? On ne naît pas lecteur, on le devient. À l’occasion de la Journée mondiale du livre, le 23 avril, les ministères de l’Éducation et de la Culture, de concert avec les écoles, les enseignants et les élèves, se doivent de lancer une campagne de sensibilisation au livre et un plan d’urgence destiné à inculquer aux jeunes cette passion de la lecture que les nouvelles technologies leur ont confisquée. Puisque l’époque est aux révolutions, initions, après la révolution du Cèdre, une révolution du Livre destinée à rétablir l’autorité de la lecture dans notre société de consommation. Pour éviter d’être happés par ce courant dévastateur qui nous déshumanise. 


2014-04 / NUMÉRO 94