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2017-11 / NUMÉRO 137   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Le levier d’une francophonie ouverte et plurielle


Par Georgia Makhlouf
2017 - 11
Vient de paraître aux éditions Asphalte un ouvrage collectif sous la direction d’Imane Humaydane intitulé Beyrouth noir. Il fait partie d’une collection d’anthologies centrées sur les villes et sa particularité est que ses textes ont été écrits en français, mais surtout en arabe ou en anglais ; la majorité d’entre eux sont donc des traductions. C’est le Beyrouth de la guerre et de la violence qui est ici mis en scène : les années noires forment le fil rouge de l’ensemble, que ce soit dans les moments les plus durs de l’interminable conflit ou dans ses séquelles indélébiles, matérielles ou psychologiques. Le chaos semble être la caractéristique dominante de Beyrouth, un chaos « érigé en art de vivre », écrit Humaydane, puisqu’il est à la source du dynamisme de la ville, un chaos qui s’adoucit la nuit, quand les lumières se reflètent dans la mer ou dessinent les courbes généreuses et douces des montagnes au loin. Pourtant la noirceur n’empêche pas l’humour, acide le plus souvent. Ainsi Rawi Hage s’interroge-t-il sur la part de responsabilité du blé dans l’épidémie actuelle et mondiale d’obésité et met en scène une nation de citoyens qui survolent la ville, transformés en oiseaux. « Et alors que le peuple commençait à s’élancer, s’évader, s’éloigner, on a vu un homme politique et son garde du corps pointer leurs armes vers le ciel. »

Chacune des nouvelles s’inscrit dans un quartier de Beyrouth : « Les petites boîtes » de Mazen Maarouf se déroule à Caracas, Leïla Eid situe ses « Pommes de Beyrouth » à Bourj Hammoud. Et si Alawiya Sobh évoque Khandak el-Ghamik, c’est de la ville entière qu’elle parle quand elle évoque l’odeur de mort qui se dégage des visages, des yeux et des corps des passants. L’odeur, est la marque d’une ville qui a perdu son âme : la pluie ne lave plus les rues de leur saleté, il est loin le temps où chaque matin était une promesse de renouveau. Belle réussite de ce recueil où la qualité des traductions est à la hauteur de celle des textes originaux. 

La traduction sera d’ailleurs l’un des axes privilégiés des débats pendant le salon, à la fois dans ses aspects éditoriaux et dans ses dimensions techniques et littéraires. Deux tables-rondes sont ainsi prévues qui permettront pour l’une de confronter les points de vue des éditeurs et pour l’autre d’aborder les spécificités de la traduction de et vers l’arabe.

« Édition et traduction » réunira Bruno Foucher, Bertrand Py et Emmanuel Varlet. Le débat portera sur la politique éditoriale d'acquisition pour la littérature étrangère, arabe en particulier. Cette littérature est-elle suffisamment traduite ? Que traduit-on en priorité ? Et qui sont les lecteurs ? « La traduction dans la fiction » permettra à Stéphanie Dujols, Jabbour Douaihy et Gina Abou Fadel Saad d’échanger autour des techniques et difficultés de la traduction de l'arabe vers le français et vice versa. La confrontation des perceptions entre auteurs et traducteurs sera, à coup sûr, d’un intérêt tout particulier. Les deux rencontres seront modérées par Farouk Mardam-Bey.

Cet accent sur traduction s'inscrit dans un objectif plus global, celui d'élargir la portée de ce salon et d'œuvrer en vue d’une francophonie ouverte et capable de rassembler davantage tous les acteurs du champ culturel quelles que soient leurs langues d’expression et de création.

 BIBLIOGRAPHIE
 
Beyrouth noir sous la direction d’Imane Humaydane, Asphalte, 2017, 272 p.

Beyrouth noir au Salon :
Rencontre avec Imane Humaydane, Hyam Yared, Najwa Barakat, Marie Tawk, Abbas Beydoun et Nada Ghosn, le 7 novembre à 18h (salle Andrée Chedid).

La traduction au Salon :
Table ronde « Édition et traduction » avec Bruno Foucher, Bertrand Py, Emmanuel Varlet, Farouk Mardam Bey (mod.), le dimanche 5 novembre à 18h (salle Montaigne).
Table ronde « La traduction dans la fiction » avec Jabbour Douaihy, Stéphanie Dujols, Gina Abou Fadel Saad, Farouk Mardam Bey (mod.), le 9 novembre à 19h30 (Agora).
 
 
 
2017-11 / NUMÉRO 137