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2019-12 / NUMÉRO 162   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Le livre de chevet de...
Mona A. Ahdab
2014-01-09
Même si plusieurs livres se succèdent, j’ai deux livres de chevet que j’aime toujours garder près de moi: Sâdhanâ de Rabindranâth Tagore et Le livre tibétain de la vie et de la mort de Soygal Rinpoché. C’est à travers ses essais que j’ai découvert l’œuvre de R. Tagore lorsque j’étais adolescente. J’ai commencé par Vers l’homme universel, et j’ai tout de suite été fascinée par sa pensée. Son analyse des mouvements historiques est très riche, j’aime sa vision de la société, sa soif d’embrasser la diversité humaine ainsi que sa quête de liberté d’esprit et de pensée. Quant au Livre tibétain de la vie et de la mort, je l’ai lu pour la première fois, il y a dix ans. Même si certains éléments de ce livre m’échappent encore, j’y replonge régulièrement. Penser la mort n’est pas un exercice aisé ; il nous impose beaucoup d’humilité. Accepter de mourir, c’est accepter nos fragilités et nos incertitudes, c’est renoncer à l’existence d’une vérité pour questionner sans cesse les multitudes de vérités qu’on se construit, sous formes d’illusions, par peur de plonger dans l’océan de l’impermanence. Ce livre est comme une piqûre de rappel quant à l’impermanence des choses, des êtres et des pensées. Comment accepter la mort d’un être proche si on ne peut accepter notre propre mort ? Même si le travail de deuil reste un processus long et douloureux, il me semble que l’acceptation de cette impermanence est le plus bel hommage et le plus beau témoignage d’amour qu’on puisse exprimer à ceux qui nous quittent. On meurt tous les jours, on se transforme à chaque instant. Nous ne sommes que des pèlerins vêtus d’illusions sur le sentier de la vie.

Mona A. Ahdab est compositrice.
 
 
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2019-12 / NUMÉRO 162