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2017-09 / NUMÉRO 135   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Au Salon
Le Salon du « lire-ensemble »
Considéré comme le troisième par ordre d’importance après Paris et Montréal, le Salon du livre francophone de Beyrouth représente un grand bol d’air frais dans un Liban qui étouffe. La 23e édition de ce Salon, qui se tiendra du 4 au 13 novembre 2016 au BIEL et qui a pour slogan fédérateur « Lire ensemble », s’annonce à la fois variée et stimulante.

Par Alexandre Najjar
2016 - 11
Des invités de renom
 
Le Salon, qui sera inauguré par la ministre française de la Culture, Audrey Azoulay, rend hommage cette année au poète et essayiste Salah Stétié. Plusieurs auteurs français seront également présents, dont trois lauréats du prix Goncourt : Paule Constant, Laurent Gaudé et Pierre Lemaitre ; le grand psychanalyste Boris Cyrulnik (Ivres paradis, bonheurs héroïques) ; les critiques et écrivaines Josyane Savigneau (La Passion des écrivains) et Florence Noiville ; Nathalie Azoulai (qui signe Titus n’aimait pas Bérénice, couronné par la Liste Goncourt-Le Choix de l’Orient 2015) ; l’écrivain et éditeur Charles Dantzig (dont les œuvres sur la littérature viennent de paraître dans la fameuse collection « Bouquins ») ; la romancière Sylvie Germain (À la table des hommes), lauréate du prix Femina 1989 et du prix Goncourt des lycéens 2005 ; le journaliste et écrivain Lionel Duroy (L’Absente) ; la talentueuse Yasmine Ghata (J’ai longtemps eu peur de la nuit) ; les politologues ou historiens Henry Laurens, Alain Gresh, Elizabeth Picard, Pierre Rosanvallon, Yves Schemeil, Nicolas Dot-Pouillard, Pascal Boniface, François Burgat et Leïla Seurat ; Frank Mermier (qui signera avec Charif Majdalani Regards sur l’édition dans le monde arabe à la librairie Le Point le 6/11 à 20h) ; Basma Zerouali (Le Quatuor de Beyrouth) ; sans oublier Alain Bonnand (Damas en hiver), Anne Nicoleau  (qui publie Palace café chez Tamyras), Isabelle Dillmann (Au cœur du chaos), un livre d’entretiens avec le patriarche Raï, ainsi que deux auteurs importants en provenance des pays arabes : le Syrien Khaled Khalifa (Pas de couteaux dans les cuisines de cette ville) et l’Irakien Ahmed Saadawi (Frankenstein à Bagdad), lauréat du Booker Prize arabe en 2014.

Tables rondes en série
 
Le Salon est toujours l’occasion de débats d’idées passionnants. Des tables rondes, trop nombreuses pour être recensées ici (consulter le programme du salon) sont prévues autour de thèmes très variés : l’art, la Syrie, la Palestine, la violence, le retour des déplacés, le théâtre, etc. Une rencontre professionnelle se tiendra le 5/11 à 19h (salle -1) autour du thème « Traduction et exportation : le livre français à l’étranger », avec la participation de Bertrand Py, Olivier Aristide, Jean-Guy Boin et Farouk Mardam-Bey.

La poésie n’est pas oubliée : outre la lecture de Salah Stétié, une table ronde et des lectures poétiques de Nada Sattouf, Isabelle Ghanem, Ritta Bassil et Antoine Boulad sont prévues (le 11/11 de 18 à 20h) en présence de Daniel Riou (Maison de la poésie de Rennes). 

Des ambassades entreprenantes 
 
Comme chaque année, les ambassades de Suisse, de Belgique et du Canada au Liban apportent leur contribution au Salon du livre, témoignant ainsi de la vitalité de la francophonie. Deux auteurs suisses, Anne Danier et Caroline Coutau, signeront leur livre La Danse contemporaine en Suisse : 1960-2010. Les débuts d’une histoire (11/11 à 20h30, stand Antoine), participeront à une rencontre le 11 novembre à 20h (salle RDC) et évoqueront la danse contemporaine en Suisse le 12 novembre à 20h (Agora) avec une performance du danseur Frédéric Gafner, alias « Footwa d’Immobilité ».

Autres invités de la Suisse : Alexandre Jollien, qui racontera son parcours et son combat contre l’infirmité à l’occasion d’une conférence intitulée « La joie face au tragique de l’existence » (5/11 à 16h, salle -1), le financier Michel Santi, qui donnera une conférence sur « l’inéluctable disparition du cash » (8/11 à 19h, RDC) avant de signer ses ouvrage ; le politologue Daniel Meier, qui parlera du Sud-Liban, « un espace à la confluence des crises » (9/11 à 19h, Agora), et Sarah Chardonnens qui signera à la librairie Antoine (8/11 à 17h) son livre Parfum de jasmin dans la nuit syrienne, un récit de voyage à moto entre la Suisse et la Syrie. 

De son côté, l’ambassade du Canada invite Marie-Josée Poisson qui interviendra le 12 novembre à 17h (salle -1) sur le thème : « La généalogie, source d’inspiration littéraire », alors que la Belgique convie un grand nom de la BD : Jean Van Hamme. L’Institut culturel italien propose enfin le projet Bel/Palmyra Hommage, coédité par Guaraldi et Geuthner, qui fera l’objet d’une table ronde avec Manar Hammad, Paolo Fabbri et Anne-Marie Affeiche (8/11 à 17h- Agora).

Les écrivains libanais en nombre
 
Les écrivains libanais seront présents en nombre avec Boutros Labaki, Mohammad Salhab, Carmen Boustani (qui signe sa biographie d’Andrée Chedid, récemment parue chez Flammaion), Ramy Zein (Tribulations d’une bâtard à Beyrouth), Hyam Yared (Tout est halluciné), Mohamed Taan (Les réfugiés du Peshawan), Lamia Hitti (La Pédagogie de la mémoire au Liban), Jad et Nicole Hatem (Le Roman de Mariona) ; Hareth Boustani (Fakhredine II) ; Ivana Marchalian (Je soussigné Mahmoud Darwich) ; Zina Idilby (Münever Mozali ou l’exil du Bosphore) ; Mark Doumet, auteur d’un recueil à la fois drôle et corrosif intitulé Libaniaiseries et autres absurdités ; Nathalie Rouphael (L’Orientalisme au XIXe siècle : de la fiction vers la réalité) ; Salah el-Achkar (Les Fables de la vie) ; Noha Baz (La Recette d’où je viens) ; le digne héritier de John Le Carré : Percy Kemp (Le Grand jeu) ; Youssef Mouawad et son Sextant égaré ; Georgia Makhlouf (Le Goût de la liberté) ; Antoine Kattar (Adolescent dans un monde incertain) ; Antoine Assaf (Le Soldat, le guerrier et le martyr) ; Aline Tawk (L’Horizon du regard) ; Nabil Dagher (Vers la lumière, le prophète face au miroir) ; Lamia Ziadé (Ô nuit, Ô mes yeux qui a obtenu le prix Phénix 2015) ; le professeur Antoine Hekayem qui poursuit son étude minutieuse et éclairée des documents diplomatiques français (Le Désengagement de la France de Cilicie et l’affermissement de son mandat en Syrie et au Liban : 1921-1926) ; Jean-Claude Antaki (Syrapocalyspe) ; Nabil el-Khoury (Convergences et rivalités des diplomaties françaises et américaines à l’épreuve des crises libanaises, 1958-2008) ; Nidaa Abou Mrad (Éléments de Sémiotique modale) ; Ezza Malak Agha (La Paix, l’amour et rien d’autre) ; Frida Anbar (Désir et identité) ; Hassan al-Akra (L’Histoire de Baalbeck à l’époque médiévale d’après les monnaies : 635-1516), le grand peintre Jamil Molaeb (New York-New York, 1984-2015) ; Lamia Moubayed-Bissat (L’avenir de l’action publique) ; Adib Tohmé (De la non-République à la République poubelle) ; Joseph Moukarzel (Architecture et communication) ; Élie Mohasseb (Pile ou Facebook) ; Leila Nasr (Regard sur le monde) ; Karim Rohayem (Amour et vengeance) ; Nicole Saliba Chalhoub (Histoire sans géographie) ; Carol Ziadé al-Ajami, auteur d’un roman sur les relations islamo-chrétiennes à travers les destins croisés de deux amies (Mon père, pourquoi m’as-tu abandonnée ?, éd. Saer el-Machreq) ; Caroline Torbey, auteur de Quelle heure est-il chez-vous ? (Noir Blanc et caetera), recueil de nouvelles surprenantes ; Claudia Chehadé (Le Mystère des expressions idiomatiques françaises) ; le quatuor de Drôle de guerre : Gabriel Gemayel, Georges Boustany, André Megarbané et Armand Homsi ; Chucrallah Fattouh (Momentum) ; Zeina Nakouzi-Akiki (Les Recettes de Georgette) ; Jamil Berry (Une Vie ou deux), Pierre Chlela (Réalité ou cachoteries) ; Vivian Zoghbi (À la table de Viviane) ; Mustapha Assad (Ad Vitam) ; Salma Kojok (La Maison d’Afrique) ; Dolly Talhamé (Mots pour maux) ; Valérie Phares (Un Homme heureux dort bien la nuit) ; Racha Bassoul (Mon Liban ma cuisine) ; Zeina Nader Selwan (Mots sur couleurs) ; Marise Aoun Kassab (Un Objet, une histoire) ; Ziad Gebran (Moi, président des couacs) ; Nour Karam (Lecture incomplète) ; Yves Danbakli (Le Festin des loups) ; Eddy Choueiry (Liban sur mer) et bien d’autres encore…
À côté des éditeurs libanais francophones qui publient la plupart des auteurs précités, on signale cette année la participation de plusieurs éditeurs arabophones qui traduisent des livres du français vers l’arabe ou dont les livres sont traduits en France. Des écrivains libanais d’expression arabe seront également présents, comme Jabbour Douaihy (L’Inédit de Beyrouth), Abdo Wazen (À cœur ouvert) et Akl Awit qui recevra le prix spécial Méditerranée de la poésie Nikos Gatsos des mains d’André Bonet, pour son recueil L’Échappée (6/11 à 16h, salle RDC). 

La religion sous toutes ses formes
 
Actualité oblige, la religion sera au cœur des débats, avec la participation d’Alain Gresh (L’Islam, la République et le monde), François Burgat (Comprendre l’islam politique), Jean-Christian Petitfils (Dictionnaire amoureux de Jésus), Christian Lochon (Chrétiens du Proche-Orient : grandeur et malheurs), Naji Kozeily (Les Textes de Jean-Paul II sur le Liban), Fadi Hindi (L’Identité des maronites et leur rôle dans l’établissement du Liban moderne selon Youakim Moubarak), Sabine Mouhasseb Saliba (Les Fondations pieuses wakfs chez les chrétiens et les juifs du Moyen-âge à nos jours), André Bonet et Michel Bolaselle (Les Insurgés de la pauvreté), Erminia Chiara Calabrese, auteure d’un livre sur « le parti de Dieu », intitulé Militer au Hezbollah, ethnographie d’un engagement dans la banlieue sud de Beyrouth, Valérie Azhari qui publie chez Geuthner Le Système multiconfessionnel, une invention libanaise ?, le père Robert Maamary (Moines antonins maronites), Melhem Riachi, qui signera au stand Dar Saër el-Mashreq la traduction de son livre Judas l’Iscariote ; Rachid Haddad (Histoire du mouvement littéraire dans l’église melchite du Ve au XIXe siècle), Wissam Paul Macaron (Les évangélistes américains, le Proche-Orient et la fin des temps), Joseph Chéhab, auteur d’un essai édifiant paru aux éditions du Cerf sous le titre : Le père peut-il juger ses enfants ? Essai biblique sur le jugement et la miséricorde de Dieu, et Carla Bejjani Aramouni, dont l’ouvrage Lueur d’êtres (Dar el-Machreq), préfacé par le père Henri Boulad, nous fait découvrir les témoignages de vingt femmes libanaises qui nous parlent de leur rapport à la foi chrétienne, et nous offre des « nourritures spirituelles » d’une grande profondeur. 

Droit et francophonie
 
Le droit francophone sera aussi à l’honneur avec la participation du Barreau de Beyrouth qui présentera cette année les revues juridiques libanaises, des origines à nos jours, et un choix de revues juridiques francophones, afin de mettre en valeur la doctrine et la jurisprudence au Liban, et la complémentarité entre le droit libanais et le droit français. Le Barreau organise deux conférences, l’une du professeur Denis Mazeaud, parrainée par l’Association Henri Capitant, sur le thème « La réforme du droit français des contrats » (7/11 à 12h, Maison de l’avocat), l’autre du professeur Ibrahim Najjar, ancien ministre de la Justice sur « Les avant-contrats dans sa réforme du droit des obligations » (le 9/11 à 16h, BIEL, salle -1) ; et parraine les interventions d’Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain français, à propos de la liberté d’édition (le 11/11 à 18h, Amphi Gibran) et du métier d’avocat (le 12/11 à 18h).

Plusieurs juristes signeront également leurs œuvres dans le cadre du Salon : Karim Daher (Les Impôts au Liban), Nathalie Najjar (Arbitrage dans les pays arabes et commerce international), Joséphine Hage-Chahine (Les Contrats de transfert de risque), Fady Fadel et Cynthia Eid (Quelle justice internationale au Proche-Orient ? Le cas du Tribunal spécial pour le Liban) et Reine Achkar (Réadaptation des contrats, hardship et amiable composition).

Le théâtre à l’honneur
 
Le théâtre fera l’objet d’une attention particulière cette année, avec la participation exceptionnelle du grand dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, récemment nommé directeur du Théâtre national de la Colline ; le lancement du livre de Roger Assaf, Le Théâtre dans l’Histoire qui fera l’objet d’une table ronde avec Wajdi Mouawad et Paul Mattar (le 5/11 à 18h, Agora) ; et l’ouvrage d’Olivier Saccomano : Le théâtre comme pensée. Une table ronde intitulée « Le théâtre aujourd’hui, un laboratoire de résistances » réunira enfin, le 7 novembre à 19h, le dramaturge et professeur Enzo Cormann, Mohamed Kacimi, Kossi Efoui et Hala Moughanié, lauréate du prix Théâtre RFI 2015 (Amphi Gibran).

Le Salon fait son cinéma
 
Le 7e art sera aussi présent au Salon du livre 2016 : le 7 novembre de 19h à 21h, sera projeté Versants, un film documentaire sur Salah Stétié, et le 10 novembre de 19h à 21h sera projeté Farouk entre deux mondes consacré à l’éditeur et écrivain Farouk Mardam Bey. Cette dernière projection, organisée par la Fondation Samir Kassir et L’Orient littéraire, sera suivie d’un débat en présence de Mardam Bey. Le 12 novembre, le film Largo Winch sera projeté en présence de son scénariste Jean Van Hamme (12/10 à 19h, Amphi Gibran), en même temps que la projection du film Brigitte Fontaine, reflets et crudités, en présence de Benoît Mouchart et Thomas Bertel (salle -1). Un festival intitulé « Petites Film’atures » sera enfin lancé au stand de l’AEFE le 7 novembre à 18h. 

La BD en fête
 
Le Salon accueillera cette année un monstre sacré de la BD, Jean Van Hamme, scénariste d’un nombre impressionnant d’albums, dont les fameux XIII et Largo Winch. Il s’exprimera aux côtés du directeur de l’ESA, Stéphane Attali, à propos du thème « Finance et BD » (le 12/11 à 16h, Amphi Gibran), et signera ses œuvres au stand de la librairie Stéphan (le 12/11 à 17h). Seront également présents : Benoît Mouchart, directeur éditorial de Casterman BD, qui vient de lancer la revue de BD Pandora ; le collectif libanais Samandal, qui publie la revue éponyme ; Tony Abou-Jaoudé et Rabih Haddad, pour le lancement de la série Maximum Max, inspirée des exploits de l’aventurier Maxime Chaaya ; Troubs (Sables noirs) ; Jorj Abou Mhaya (Ville avoisinant la terre), Léna Merhej et Lisa Mandel. Les prix du concours BD seront remis le 12 novembre à 17h au stand de l’AEFE ; et une expo intitulée « Dessine-moi la Méditerranée », de Cartooning for Peace, montrera, à travers des dessins de presse, que la mare nostrum mérite mieux que les conflits qui l’ensanglantent actuellement...

Les prix du Salon
 
Plusieurs prix littéraires seront remis à l’occasion du Salon de Beyrouth : outre les prix décernés par les jeunes (voir encadré jeunesse), le prix Phénix de littérature, décerné le 13 novembre à 18h par un jury composé d’écrivains et journalistes libanais et français, dont Salah Stétié, Jabbour Douaihy, Paule Constant et Josyane Savigneau, qui seront présents au Salon, le prix Zyriab qui récompense un ouvrage gastronomique, et le prix « Liste Goncourt/ Le Choix de L’Orient » qui couronnera le 11 novembre à 15h, en présence de Paule Constant, l’un des romanciers suivants : Catherine Cusset, J. B. Del Amo, J. P. Dubois, Gaël Faye, Frédéric Gros, Régis Jauffret ou Leila Slimani.

Reste à espérer que ce Salon, organisé par le Syndicat des importateurs de livres au Liban et l’Institut français du Liban, donnera à nos jeunes le goût de lire qu’ils semblent avoir perdu et offrira aux adultes l’occasion de « respirer », d’enrichir leur bibliothèque et de nourrir leur esprit !


 
 
 
2017-09 / NUMÉRO 135