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Andrée Maalouf : la cuisine, notre culture commune


2013 - 11
Vous venez d’une famille de pâtissiers-confiseurs. Pouvez-vous nous raconter un peu votre histoire ?
Dans les années 1920, mon grand-père maternel avait à Bab-Idriss des magasins où se vendaient des pâtisseries, des confiseries, des chocolats, du champagne et d’autres produits fins. Certains de ces produits étaient importés d’Europe, mais la grande majorité était confectionnée par des pâtissiers dans notre maison à Bsous, à 15 km de là. L’enfance de ma mère a été bercée par ces parfums, et leur souvenir a bercé la nôtre.

Comment définiriez-vous la cuisine libanaise?
C’est une cuisine savoureuse, équilibrée et riche de toutes les influences qu’elle a subies, qu’elle a intégrées et qu’elle a transformées avantageusement pour le plaisir de nos papilles et de nos yeux. C’est une cuisine inventive et économique qui tire profit du moindre produit pour l’agrémenter de la meilleure façon qui soit. C’est une cuisine qui nourrit le pauvre et le riche avec générosité. La cuisine libanaise a une place importante dans le paysage culinaire mondial : elle a une image très positive, elle est perçue comme festive et conviviale.

« La cuisine est ce qui reste de la culture d’origine quand on a tout oublié », dit la préface. Il y a donc une dimension anthropologique à votre livre ?
Cette phrase est un clin d’œil, pour dire que la cuisine libanaise est peut-être la seule chose qui réunit aujourd’hui tous les Libanais du Liban et d’ailleurs, quelle que soit leur communauté !
J’ai également voulu que toutes les générations d’enfants originaires de notre région sachent que cette cuisine est celle de leurs ancêtres, qu’ils en soient fiers et qu’ils n’oublient jamais que c’est leur patrimoine commun.
La cuisine est donc culture ?
La cuisine est certainement un élément culturel très identifiable. Un restaurant italien peut exister à New York, à Paris ou à Tokyo pendant cinquante ans sans cesser d’être typiquement italien. J’aimerais tellement que cette capacité de coexister harmonieusement avec les autres tout en restant soi-même puisse s’étendre à d’autres domaines de la vie. De ce fait, on pourrait dire que la cuisine est une forme concrète d’humanisme et d’universalisme.





 
 
© Pascal Brocard
 
BIBLIOGRAPHIE
CUISINE LIBANAISE D’HIER ET d'AUJOURD’HUI de Andrée Maalouf et Karim Haïdar, Albin Michel, 176 p.
 
2018-12 / NUMÉRO 150