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2014-07 / NUMÉRO 97   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Abou Bakr Al-Baghdadi : Iznogoud est de retour
2014-07-03
 
 
Massacre de soldats irakiens chiites par des miliciens de l'EIIL © AFP C'est en 1924, dans la nouvelle Turquie, que Mustafa Kemal Atatürk abolit le califat instauré à la mort de Mahomet en 632 et destitue le 101e et dernier des califes (ou « successeur » de Mahomet), Abdulmecit II, Khan de l'Empire ottoman. Certes, le chérif hachémite Hussein ibn Ali, chef de la Révolte arabe (contre l'Empire ottoman) se serait bien vu reprendre la place vacante, mais, la même année, il est vaincu par Abdelaziz al-Saoud, fondateur de l'actuelle Arabie saoudite. Ibn Saoud, comme par ailleurs Fouad Ier, roi d'égypte, songent aussi un temps à reprendre le califat. Le premier se contentera d'être le gardien des lieux saints de la Mecque et de Médine. Le second décède en 1936. Dès lors, l'oumma – la communauté des croyants – n'a plus de dirigeant qui garantisse l'unité de l'Islam et auquel tout musulman sunnite – en théorie – doit obéissance. 90 ans plus trad, le 29 juin 2014, premier jour du Ramadan (1435), un certain Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi est proclamé calife par les jihadistes de l'état islamique en Irak et au Levant (EIIL) aussi connu sous l'accronyme en arabe de Da'ech, instaurant ainsi un nouveau califat dont le contour géographique, à ce jour, consiste en un quadrillage allant de la province d'Alep aux portes de Baghdad. « Vous n'avez aucune excuse religieuse pour ne pas soutenir cet état. Sachez qu'avec l'établissement du califat, vos groupes ont perdu leur légitimité. Personne ne peut ne pas prêter allégeance au califat. » Cette mise en garde brutale d'Abou Bakr – qui était aussi le nom du premier calife en 632 – s'adresse aux autres groupes jihadistes et islamistes, et en particulier à son ancien supérieur et actuel rival, Ayman al-Zaouahiri, émir d'al-Qaïda et successeur d'Oussama Ben Laden. Devenu en quelque sorte calife à la place du calife, cet Iznogoud contemporain n'est pas un tendre et sait gérer ses affaires. Il est à la tête d'une milice forte de 15 000 hommes environ, financé par l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe jusqu'en janvier 2014 puis par des dons privés, les revenus des puits de pétrole en Syrie, les trafics d'armes et de carburant. Ses combattants, qui appliquent très strictement la charia, lèvent des impôts dans les zones sous leur contrôle et pratiquent occasionnellement vols, kidnappings, extorsions de fonds et, plus récemment en Irak, pillage des banques, dont celle de Mossoul. L'EIIL dispose aujourd'hui d'un capital de plus de 2,3 milliards de dollars, de quoi poursuivre un bon moment le massacre contre les ennemis du nouveau califat, à commencer par les chiites, les alaouites et les sunnites qui ne leur font pas allégeance. Abou Bakr is no good ! Alexandre Medawar
 
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