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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Au fil des jours...
 
Le livre de chevet de...
Betty Taoutel
2015-09-03
Il y a celui qui a déclenché très tôt cette passion que j'ai aujourd'hui pour la lecture et qui n'était pourtant pas destiné aux enfants de mon âge lorsque, par hasard, j'étais tombée dessus. Et celui que j'ai lu et relu, que je ne me lasse pas de lire avec chacun de mes quatre enfants... que je découvre encore mieux, que j'apprécie encore plus à chaque lecture. Les deux sont là, dans le premier tiroir de ma table de nuit… Je les avais pris de la bibliothèque familiale en quittant la maison.

Climats d'André Maurois... et cette phrase clé que je répète aujourd'hui encore comme un dicton : « L'Amour supporte mieux l'absence ou la mort que le doute ou la trahison. » Une phrase qui me consolait déjà à dix ans : je venais de perdre mon père... et je me réfugiais dans la lecture comme pour fuir la douleur et la guerre qui nous persécutait jusque dans les abris. C'est justement avec la pénurie d'eau, de pain, de vivres... même de livres, puisque j'avais lu tous les livres de toutes les bibliothèques de toutes les couleurs (et chez tous les voisins), qu'un soir par « manque de lecture » je choisis Climats... Et je découvre alors, à la lueur d'une bougie, comme on commet un péché, la beauté des relations amoureuses et la complexité des sentiments. Encore enfant, je rêvais déjà de connaître un jour la passion telle que décrite dans ces lignes et de pouvoir exorciser la souffrance par l'écriture. Deux « climats » amoureux selon deux points de vue : l'un masculin et l'autre féminin, et toute la beauté de l'art épistolaire à travers les deux lettres constituant ce magnifique roman qui me procurait tant d'émotions. C'est avec ce livre que je pris la résolution et le pli de noter sur un petit cahier, que je garde encore, toutes les belles citations qui me marqueraient au fil de mes lectures... Climats influença certainement plus tard le choix du sujet de ma thèse d'études en Maîtrise : « L'art épistolaire et le théâtre ». D'ailleurs la première pièce que j'ai écrite et mise en scène s'intitulait Lettre d'amour.

Le Petit Prince de Saint-Exupéry qui me fascinera toujours. Ce livre tout simplement m'arrache des larmes et je ne saurai dire pourquoi... « Le langage est source de malentendus », dit le renard… N'est-ce pas ? Je ne m'attarderai donc pas davantage sur les raisons de ce choix mais je terminerai avec ces mots du Petit Prince : « Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. »

Et c'est pour cela sans doute que j'aime regarder les étoiles...
La nuit, les « Climats » sont tellement plus doux...
Silence... Je lis...
 
 
© D.R.
 
2020-04 / NUMÉRO 166