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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Incertitude


2013 - 10
C ’est la rentrée. Dans tous les pays du monde, c’est synonyme de ciré, de bottes de pluie, de temps maussade et de feuilles mortes. Bref, de déprime, de grisaille et de « melancolia in settembre », comme le dit si bien la chanson italienne.

Sauf chez nous. Chez nous, les gosses rentrent à l’école avec encore du sable dans les cheveux et la peau hâlée par deux mois de plage. C’est que la maman s’est arrangée en douce avec le chauffeur d’autocar pour qu’il vienne les récupérer du « chalet » au bord de la mer. Entre deux plongeons, on fait ses premiers devoirs de l’année dans le restau du « complexe balnéaire », en léchant une glace à la vanille qui dégouline. Pas sérieux tout ça. 

Dans d’autres cas, on fait ses premiers pas à l’école en short et petite laine parce qu’on est encore à la montagne, les jambes zébrées d’avoir gambadé des semaines parmi les ronces. Entre deux tours de ping-pong, on révise vaguement ses leçons, bercé par le chant des cigales, et on ne tarde pas à s’endormir dans la fraîcheur délicieuse d’une soirée encore estivale.
Tout comme on n’est pas typiquement des Arabes, ni vraisemblablement des Français, tout comme on n’est plus traditionnels, mais pas encore tout à fait modernes, chez nous, la rentrée n’est pas vraiment la rentrée, l’été joue les prolongations et l’automne n’est pas sérieux. Et la belle saison, comme une diva que l’on applaudit à tout rompre, aime qu’on la supplie de rester encore un tout petit peu.

Quant aux potaches, ils peuvent toujours rêver d’une bonne grosse guerre qui les délivrera pour de bon de l’atroce examen de trigonométrie. Peut-être même, avec un peu de « chance », du test de grammaire arabe, cauchemar de tout cancre qui se respecte. 

C’est qu’on n’est sûr de rien. Le vague nous sied à ravir. Pour demain, on n’a encore rien prévu.

On verra…
 
 
© Robert Doisneau
 
2020-04 / NUMÉRO 166