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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Lolita 2013


2013 - 07
C’est une ado aux longues jambes fuselées dans un short effiloché sur un top minimaliste. Au poignet, une multitude de bracelets multicolores en cuir tressé et sur les ongles, le vernis bleu pâle incontournable de l’été. Sur sa cheville, un tatouage ésotérique aux formes menaçantes détonne. Renseignement pris, il s’agirait d’un symbole indonésien du bonheur. Visiblement peu efficace quand on voit la mine perpétuelle boudeuse de la demoiselle.

Malgré l’ambiance festive de ce déjeuner de famille bucolique, elle n’a pas prononcé dix mots, n’aime aucun plat et déteste justement le gâteau au chocolat pourtant fort appétissant qui trône au milieu de la table. Carburant exclusivement au Coca, elle joue perpétuellement avec ses longs cheveux qu’elle tresse et enroule de manière agaçante. Quand elle a fini de cette activité enrichissante, elle se plonge dans son iPhone5 pour envoyer frénétiquement des messages mystérieux et urgentissimes… à sa cousine assise juste en face. Gloussements, sourires en coin et rires étouffés, les péronnelles n’ont visiblement pas besoin de se parler et communiquent par signes. Un code indéchiffrable fait de chiffres et d’un sabir franbanais fort disgracieux, censé remédier à leur francophonie défaillante.

L’air suprêmement ennuyé, la demoiselle soupire, dévisage dédaigneusement « les vieux » qui rigolent, s’amusent et mangent de fort bel appétit, et demande quand est-ce qu’on part.

Au plus vite, est-on tenté de lui répondre.
 
 
© thepaddingtongirl
 
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