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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Le clin d'œil de Nada Nassar-Chaoul
Au bord d’une rivière


2012 - 09
C’est un petit café de montagne au bord d’une rivière, étrangement appelé « Casino ». Quelques chaises en osier bancales et des tables en bois écaillé forment tout le décor, agrémenté de bouquets de basilic odorants plantés dans de vieilles boîtes de lait. Pour toute musique, le gargouillis des narguilés et un vieux juke-box jouant des chansons de Feyrouz où il est question d’une fille en fichu attendant désespérément son amoureux sous l’ombre d’un amandier.

Dans la cuisine, la femme du patron s’affaire, ne laissant à personne le soin de mélanger sa kibbé, la garnissant de menthe fraîche et d’un filet généreux d’huile d’olive.

Sur la table où on s’installe, de grosses tomates « montagnardes » comme on les appelle ici s’ouvrent comme des fleurs exhibant une chair rosée et juteuse. Le voisin vous offre en souriant un concombre que vous croquez avec délice avec une gorgée d’arak frais. Taboulé ou fattouche ? Le sempiternel dilemme… Comme toujours, les deux !

À côté, un jeune homme énamouré contemple sa fiancée, une brunette au décolleté ravageur, si émerveillé qu’il en oublie de manger tandis que l’émigré-qui-a-réussi, ayant convié toute sa tribu à déjeuner, fait assaut de générosité, surchargeant sa table de mets innombrables, sous le regard admiratif de sa maman qui le couve des yeux et d’une petite cousine à qui on espère le marier.

Dans le frémissement des peupliers et le murmure de la rivière, l’air est si doux qu’on se surprend à sourire.

C’est le Liban.
À chacun son casino.
 
 
D.R.
 
2020-04 / NUMÉRO 166