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2019-11 / NUMÉRO 161   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Méli-mélodrame


Par Nadine NAASSAN
2011 - 12
Rapides moments d’un tournage, épisodes fictifs ou réels, historiettes variées, personnages dérisoires tantôt et tantôt hauts en couleur, ce sont ces instants fulgurants que présente le nouvel ouvrage de Mona Moukarzel. Dès le titre, 35 mm, le thème est donné : il s’agit de cinéma, celui que l’on fait, celui que l’on vit, celui qui hante les souvenirs de l’auteure et qui s’associe intimement à tous les moments de l’existence.
La trame de l’ouvrage est libre, allègre et primesautière, et la narratrice nous conduit d’une plume sûre à travers les méandres du tournage d’un film, de ses séquences découpées et de son rythme imprévisible. De multiples existences émergent alors, que le grand écran portera à travers le monde et qui croisent les minuscules destinées des acteurs et des figurants, ombres portées à qui ce livre donne vie et densité.

Pendant les quelques jours que dure le tournage, des liens se créent, improbables, entre les êtres les plus dissemblables, autour de l’héroïne-narratrice, Rebelle, qui porte parfaitement son nom. Différente, étrangère à l’univers du tournage, elle est pourtant celle qui suscite les confidences et qui, par son écoute d’abord, puis par la magie de la narration, parvient à sortir du néant des histoires personnelles, burlesques ou farfelues, graves ou tragiques, émouvantes, saugrenues.

Si le tournage est le point de départ de 35 mm, le cinéma en est le fil conducteur, l’ossature intime et l’âme même. En effet, les souvenirs et la langue même de Mona Moukarzel en sont hantés, faisant s’entrecroiser, se chevaucher, se confondre parfois, les deux univers de la réalité et de la fiction cinématographique. C’est ce fil directeur qui permet à la narratrice de nous mener à travers ses souvenirs, de rassembler les anecdotes les plus cocasses parfois ou les plus émouvantes de sa vie et de celle de ses amis.
Le cinéma est aussi pour elle l’occasion d’une grande et belle promenade à travers le Liban, ses villes et son passé, l’occasion de ressusciter des personnages politiques, des artistes ou de simples quidams, par des évocations rapides, plaisantes et souvent érudites. L’écriture est, comme à l’accoutumée, inventive et gaie, et le plaisir du lecteur à chaque page s’en trouve renouvelé.

D’un genre nouveau, 35 mm, après Miroir/rioriM, Entrelacs et Dé/couvertes, est la preuve d’une originalité réelle au service d’une écriture tout à fait personnelle.


 
 
D.R.
 
BIBLIOGRAPHIE
35 mm de Mona Moukarzel, Dergham, 2011, 224 p.
 
2019-11 / NUMÉRO 161