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2020-03 / NUMÉRO 165   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Editorial
Libanovirus


Par Alexandre Najjar
2020 - 02
A l’heure où un vent de panique souffle sur la planète à cause du coronavirus qui risque d’avoir des conséquences humaines et économiques désastreuses, nous subissons déjà, chez nous, le « Libanovirus ». Le premier symptôme de ce virus est l’inconscience due à un manque d’« empathie » de nos dirigeants sclérosés à l’égard de la population dont les revendications restent inaudibles et qui fait face à une inflation galopante et à des restrictions bancaires inadmissibles, sans compter le laisser-aller qui mine nos institutions (du ministère de l’Énergie au Conseil du Sud en passant par le CDR, pour ne citer qu’eux) gangrenées par le clientélisme et la corruption. Le deuxième est l’extinction de voix infligée au peuple par ceux qui, par peur de perdre leur place et de devoir fermer les « robinets » de la gabegie, utilisent l’intimidation et la violence – celle des forces de l’ordre comme celle des baltajiyé, avatars des chabbiha syriens – pour museler la révolution. Le troisième est la diarrhée qui pousse nos dirigeants à multiplier les logorrhées verbales et les mensonges grossiers, comme à Davos, sans proposer de réponses concrètes aux problèmes posés. La quatrième est, enfin, la cécité qui pousse la classe politique à vivre dans le déni, et les électeurs, otages consentants d’un confessionnalisme primaire, à revoter pour les mêmes mafieux qui les saignent à blanc, comme s’ils se complaisaient dans la gadoue où ils pataugent depuis si longtemps...

Le seul remède disponible pour combattre et éradiquer le « Libanovirus » est la révolution. Ce traitement est certes long et éprouvant, mais il peut se révéler efficace. Administré en chambre stérile, loin de toute interférence extérieure, par des personnes qualifiées qui savent ce qu’elles font et où elles vont – ce qui n’est pas le cas actuellement, la situation politique ayant empiré après 4 mois de convulsions ! –, il peut encore sauver le pays de sa mort programmée.

 
 
 
2020-03 / NUMÉRO 165