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2020-04 / NUMÉRO 166   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Enquête
Les éditions de l’ALBA, un tremplin pour les talents libanais
Créées en 1995, les éditions de l’ALBA ont débuté avec la volonté de valoriser les travaux des étudiants de l’Académie. Elles ont rapidement trouvé leur place dans le paysage éditorial libanais et proposent désormais un catalogue varié où se côtoient actes de colloques, bandes dessinées, albums de photos et essais théoriques.

Par Louis GARCIN
2009 - 11
L’idée qu’une Académie de beaux-arts crée sa propre maison d’édition n’allait pas de soi. « Tout  a commencé avec un travail collectif de nos étudiants de l’atelier d’icônes, puis par un projet de l’école d’architecture : deux publications presque simultanées qui ont été accompagnées d’expositions, explique Nada Habis Assi, directrice des éditions de l’ALBA. Au départ, nous ne sortions qu’un seul livre tous les deux ou trois ans, mais depuis 2004,  nous publions plus régulièrement. Notre catalogue compte à présent vingt-cinq ouvrages. » Plusieurs collections existent au sein de la maison : travaux collectifs, travaux personnels, réflexions d’enseignants et actes de colloques.

Dans le cas des travaux collectifs, il s’agit le plus souvent d’un projet né entre un enseignant et des étudiants en illustration ou en photographie. L’idée se concrétise, puis une exposition est montée et s’accompagne d’une publication, à la fois catalogue dédié et ouvrage à part entière. C’est le cas par exemple de l’ouvrage La Savonnerie, un des plus anciens des éditions de l’ALBA. Vingt-trois étudiants en illustration se sont rendus dans un site particulier avec leurs enseignants. « Du site – une savonnerie délabrée sur la côte – le projet naît. Le voyage se prépare, s’effectue, puis une exposition est montée, avec la publication en parallèle. On en est à notre quatrième publication dans cette série, une série qui s’enrichit d’un nouvel ouvrage presque tous les ans maintenant », raconte Nada Habis Assi. Concernant les travaux individuels, le processus est quelque peu différent, car il s’agit des travaux de Master des étudiants. « Une fois qu’un travail a été jugé et évalué, l’ALBA décide ou non de le valoriser en le publiant. Parmi les ouvrages récemment édités dans cette série : Le Cri, bande dessinée de Ghadi Ghosn, et Tuiles de Beyrouth, ouvrage illustré de Marie-Joe Ayoub en hommage aux demeures patrimoniales libanaises… » Quant aux actes de colloques et essais, ils s’adressent en priorité aux universitaires et spécialistes, et sont diffusés partout dans le monde, dans les centres de recherches et les académies.

Distribués par la librairie el-Bourj, les ouvrages de l’ALBA sont vendus à des prix abordables, car l’aspect commercial n’est pas au cœur de la politique de la maison d’édition. « Généralement, le prix d’un de nos ouvrages représente uniquement le coût de la publication. On vend, mais on donne aussi beaucoup aux bibliothèques publiques, aux universités étrangères et locales », commente Nada Habis Assi, qui préfère mettre l’accent sur la qualité des ouvrages sans toutefois les rendre inabordables. La langue privilégiée des livres édités reste le français, mais la maison envisage de traduire certains ouvrages afin de les mettre à la disposition d’un public plus vaste.

Encouragées par les responsables de l’Académie, les éditions de l’ALBA constituent un tremplin extraordinaire : « Notre objectif principal, c’est d’ouvrir des portes aux talents qui sortent de notre université », insiste Mme Habis Assi. Comment ne pas s’en féliciter quand on sait que, par la même occasion, les ouvrages proposés comblent les lecteurs désireux de sortir des sentiers battus et enrichissent nos bibliothèques !

 
 
 
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