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2019-12 / NUMÉRO 162   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Sélim Mouzannar
2016-07-09
Quand je pense aux lectures nombreuses de certains de mes amis, je me demande où ils trouvent leurs heures de sommeil.
Les miennes sont multiples, cour-tes, rapides. Des bandes dessinées de toutes sortes, quelques romans classiques et ceux dans l’air du temps. Pour percer et être imbattable. Jouir quoi !
Mon faible et mon fort, depuis quelque temps, c’est les œuvres complètes de Spinoza. D'où m'est venue cette passion ? L'homme gagnait sa vie à polir des verres. Son Éthique, écrite sur le mode géométrique, a la finesse et la lumière du diamant. Elle va de Dieu à la liberté, dénigre la tristesse, exalte la joie, l'affect fondamental. La joie (quel joli prénom de femme, Lætitia en latin) est « le passage de l'homme d'une moindre à une plus grande perfection », c'est-à-dire comme une augmentation de forces et de la réalisation de soi. La joie est ainsi un accroissement de notre puissance, lié à la réalisation de nos désirs et de notre effort pour persévérer dans l'existence. Lire Spinoza, ciseler les pierres, créer des formes et se surpasser me guérissent des pleurnichards et leurs litanies. 
J'aime ses degrés de la connaissance. Ils vont des opinions acquises par ouï-dire ou par expérience vague aux croyances droites acquises par l’art de raisonner. Et ce qui l’emporte sur tout le reste, c’est la saisie intuitive de la chose elle-même par un concept clair et distinct. Vous suivez ? Sacré ou désacralisant Baruch !
Je pourrais passer un long moment à vous communiquer ma béatitude. Rassurez-vous, je conclus : « Meilleur est l’objet, meilleure est la connaissance qu’on en a ; d’autant meilleure est la connaissance, d’autant meilleure est la condition de l’être qui connaît. » Vive l’Éthique. Ouf.
 
 
© D.R.
 
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