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2017-12 / NUMÉRO 138   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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La présidentielle française : une élection cauchemardesque !


Par J.-C. Simoën
2017 - 04
Jamais présidentielle n’aura été aussi déplorable. Avec les primaires, cette nouvelle passion française, nous avons eu droit à un spectacle qui relevait plutôt du grand guignol que d'une entreprise démocratique. Nous voici à présent avec « le club des cinq » : à gauche de la gauche, « la France insoumise » avec un Mélenchon qui « mélenchonne » de mieux en mieux, même si son talent de bateleur d’estrade et d’artiste du micro ne doit pas nous faire oublier que tout ce cirque ne repose que sur des courants d’air, d’autant que ses relations avec le Parti communiste sont exécrables.

Hamon l'improbable… tout droit sorti du chapeau du prestidigitateur, pauvre lapin égaré qui n'en revient pas lui-même d'avoir distancé Montebourg et Valls !
 
Pauvre gauche qui se voudrait rassembleuse et qui n'en finit pas de cultiver dans tous les coins de la girouette de vieilles recettes éculées… Quant à un rapprochement Hamon/Mélenchon, il se fera comme toujours dans le dos de leurs électeurs, non pas pour la présidentielle, mais pour les législatives qui suivront…

Pendant tout ce temps, le chouchou des médias et des sondeurs, le turlupin Emmanuel Macron continue d'évangéliser les salles ! Ce nouveau prédicateur a, paraît-il, le sens des formules : « La politique, c’est mystique. » Et pourquoi pas christique ? Ce slalomeur ni de gauche ni de droite aimerait nous faire oublier qu'il fut l'instigateur de la politique économique du quinquennat qui s'achève : il porte tout simplement une fâcheuse responsabilité dans l'état désastreux des finances actuelles de notre pays…

Pauvre droite qui a vu son candidat, plébiscité comme jamais au sortir d'une primaire, devenir tout à coup l'homme de l'opprobre : le chevalier blanc est passé de la probité à la pancarte peu enviable de corrompu. Il en restera toujours quelque chose... « S'il fallait tolérer aux autres tout ce qu'on se permet à soi-même, la vie (politique) ne serait plus tenable ». Courteline avait vu juste !

Nous reste madame Le Pen, laquelle est vraiment fâchée avec l'économie… Car chez elle, deux et deux feront toujours cinq et pourquoi pas neuf ? Non, madame Le Pen, ce n'est pas vous qui quitterez l'euro, c'est l'euro qui vous claquera la porte au nez ; vous élue, ce serait tout simplement un séisme politique et, immédiatement, un tsunami bancaire. Le retour au franc est une folie dans un pays déjà surendetté et je n’évoque même pas le retour aux frontières !

Pauvre France, qui vit une période électorale cauchemardesque où les candidats s’ébrouent dans la surenchère démagogique. Georges Clemenceau nous avait pourtant prévenus : « On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse ! »  

*Jean Claude Simoën est écrivain et directeur littéraire chez Plon.
 
 
D.R.
« On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse ! »
 
2017-12 / NUMÉRO 138