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2019-12 / NUMÉRO 162   RÉAGISSEZ / ÉCRIVEZ-NOUS
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Kalamon : Les amis de nos amis...


Par Jabbour Douaihy
2011 - 01
Entre le journalisme de consommation que la plupart d’entre eux pratiquent avec beaucoup de talent et l’œuvre littéraire ou l’essai dont ils ne sont guère avares, une équipe d’écrivains – journalistes encore à grande majorité libanais – décide de lancer une revue au titre évocateur, Kalamon, placée sous le signe de la liberté de la presse qui « fait défaut au Liban comme dans les autres pays arabes ». La rédaction place par ailleurs la barre haut en proposant un espace d’interdisciplinarité où se retrouveraient, à côté des gens de plume, architectes (Bernard Khoury), cinéastes (Joana Hadjithomas and Khalil Joreige), musiciens (Charbel Haber) ou metteurs en scène de théâtre (Lina Saneh, Rabih Mroué), de même qu’un relais entre les générations pour faire se côtoyer des signatures qui ont fait leurs preuves (Ahmad et Abbas Beydoun, Hazem Saghieh, Hassan Daoud, Dalal Bizri ou Yassin Hajj Saleh) avec des plumes jeunes bien trempées dont Fadi Toufayli, Manal Khodr ou Rami el-Amine.
Après un numéro zéro à couverture noire d’une élégante sobriété et ou se succèdent pêle-mêle le pathétique décompte confessionnel au Liban, une lecture de la pensée arabisante syrienne, l’invasion rampante du Niqab islamiste, une enquête sur « la physique et la métaphysique » des gratte-ciel du Golfe, une nouvelle au titre curieux, Aluminium, le carnet de route d’un voyage en famille à Ramallah, un brouillon de scénario filmique sur les lignes de démarcation à Beyrouth, un album de photos allègrement commentées…, le premier numéro enrobé de rouge veut mieux se ramasser autour d’un thème central, le corps, où détonne l’aveu de maladresse physique de Abbas Beydoun, miraculeusement sorti d’un accident de la circulation presque annoncé, avec d’autres témoignages intimes sur le rapport avec le corps, variants et invariants au Moyen-Orient (Zyad Majed), une plongée poignante dans l’univers de Bagdad (Fatmé Mohsen), une illustration du trompe-l’œil photographique (Roy Samaha), une interview sur la tourmente du malentendu au Proche-Orient avec Henry Laurens ou le témoignage écœuré d’un ancient militant communiste.

Kalamon ou le pari sur la qualité et la possibilité d’un débat de fond dans une capitale qui achète sa survie au jour le jour.

 
 
 
2019-12 / NUMÉRO 162